Je souhaite faire part de mon témoignage en tant qu'ancien employé de l'agence City One. Durant mes 3 années de contrat avec City One , je fus affecté sur le site de la Cinémathèque Française ( mars 2011 – Septembre 2014)
En effet, suite à la vidéo postée le 1er février 2016 par mon ancienne collègue Anna, dans la laquelle , elle dénonce avec un grand courage les dysfonctionnements et les injustices, à travers le récit désenchanté de son expérience à la Cinémathèque Française, je désire me rattacher à sa parole indispensable afin d'appuyer ces vérités. Tout comme, Anna , mon aventure à la Cinémathèque Française débute avec plein d'espoir et de confiance envers mon nouvel employeur : City One. J'intègre l'équipe en mars 2011 durant l'exposition Stanley Kubrick. Ma mission à l'époque était toute simple : Faire de l'aiguillage. Gérer des files d'attentes pendant plusieurs heures afin d'orienter, informer et faire patienter les visiteurs lorsque l'affluence était conséquente. Je me souviens que plusieurs de mes collègues d'aiguillage faisaient des malaises car ils n'avaient soit pas eu le temps de manger durant leur courte pause déjeuner ( quelque fois à 16h ou 17h ) , soit car il faisait trop chaud ( insolation ). Je me souviens également d'une collègue qui avait fait un malaise et, malheureusement le lendemain matin je ne l'ai pas revu , bien qu'elle manifesta après son malaise le souhait de conserver son poste à la cinémathèque Française. Nous n'avions pas le droit de faiblir ou même de faire des demandes légitimes. Et si, Quand bien même on parvenait à les formuler, City One et notre responsable en interne billetterie et accueil, préféraient fermer les yeux devant celles-ci. C'est à ce moment là que je prends sérieusement conscience des obstacles et des difficultés qui s'avancent à mon encontre. De plus, je commence également à réaliser le discours amer de certains de mes collègues sur la désolante réalité qui nous entoure. Au fil des années qui passent, les mécontentements et les déceptions s'accumulent. En 2012 , une nouvelle responsable chargé du pôle art et culture, opérant comme le lien direct entre City One et la Cinémathèque débarque. Nous la découvrons pour la première lors d'une réunion d'équipe au siège de City One durant laquelle elle se flatte d'avoir réussi à licencier une employée lors d'une visite mystère. Par la suite elle va s'employer à faire sauter les primes et à distribuer les avertissements afin de marquer le coup. Notre responsable billetterie en interne, semble s'agréer et se réjouir de ce mode de fonctionnement. Son souhait étant d'avoir une équipe d'accueil docile, obéissante en toutes circonstances , qui s'emploie aux tâches sans dire un mot plus haut que l'autre, Et Enfin, ne surtout pas avoir d'échanges inappropriés avec les clients : aussi bien les visiteurs que les abonnés que l'on voit pour certains presque tout les jours. En sommes , une équipe d'accueil déshumanisée. Nous mettions tous du cœur à l'ouvrage malgré tout. L'exposition Tim Burton en 2012 à été une réelle épreuve pour toute l'équipe d'accueil. Nous avons tous fait de notre mieux pour satisfaire les visiteurs et combler notre employeur ainsi que la direction de la Cinémathèque Française. Durant cette période un grand nombre de collègues craquent. Certains se font arrêter au bord du gouffre, et d'autres partent définitivement incapable de supporter la pression exercée à la fois par nos responsables City One, et de notre responsable accueil et billetterie de la Cinémathèque Française. L'exposition touchant à sa fin , on nous annonce que M. Toubiana viendra nous témoigner de sa gratitude pour tous les efforts accomplis. Résultat , Nous n'avons jamais eu le droit à un « merci » de sa part. Ni même un « bonjour » durant l'exposition ou un « bon courage ». Cette politesse peut sembler anodine mais croyais moi, elle nous aurait fait beaucoup de bien. Le 8 mai 2014 une grève sans préavis éclate. Nous étions tous mobilisés afin de protester contre le licenciement abusif d'une de nos collègues, qui avait fait, au passage, un travail exemplaire durant l'exposition Tim Burton. Triste manière de la remercier. Quelques personnes syndiquées en interne s'engagent à nos côtés afin que notre appel puisse faire écho au sein-même de la direction de la Cinémathèque. Une délégation City One débarque sur place et prend acte de nos revendications (En plus du licenciement que nous dénoncions, nous avions rédigé une lettre avec tous les autres problèmes que nous avions déjà fait remonté mais sans réponses). On nous propose alors une réunion de crise au siège de City One le lendemain matin. La promesse de discuter de la réintégration de notre collègue est faite, et de ce fait nous acceptons. Mais avec le recul, je me dis, comment avons-nous pu croire aux promesses de personnes dont le mode de fonctionnement se base uniquement sur le chantage et l'intimidation. Le 9 mai 2014 se déroule la réunion de crise. En face de nous, se présentait plusieurs responsables de City One : premièrement notre chargé de dossier du pôle art et culture, par qui, les problèmes et les agissements sournois n'ont cessés de se répandre et de se multiplier. Le RH de City One ; De mémoire je n'ai jamais rencontré une telle concentration d'immondice en une seule personne. Et un autre responsable, celui qui nous avait fait la promesse la veille de discuter de la réintégration de notre collègue. Dès le début de la réunion le RH met les choses au clair. Notre collègue ne sera jamais réintégrée et si d'aventure nous voulions persévérer dans ce combat, des contrats sauteront. Surtout pour les plus précaires. Lorsque je lis alors , dans le monde, l'interview donné par Nicolas LIXI , le directeur général de City One, qui affirme : « corriger le tir » lorsque des difficultés émergent, je veux bien le croire. Car effectivement City One a bien « corrigé le tir » mais en menaçant ses employés afin d'étouffer cet épisode. Le suite de la réunion est une sombre farce qui s'apparentait plus à un leurre qu'à un réel échange afin de construire un nouvel élan. Un jeu de tromperie afin de nous donner l'impression d'être entendu. Dans toute cette histoire, il y a eu également le comportement affligeant et regrettable de la direction de la Cinémathèque Française et surtout de notre responsable billetterie en interne, aucunement préoccupée par le sort de notre collègue et de nos protestations.Bien au contraire, puisque le contrat avec City One fut renouvelé par la suite. Je décide de partir alors à la fin de l'année en Août 2014. Je pars le cœur lourd, car la Cinémathèque Française fût non pas seulement un lieu de travail pour moi, mais un lieu où j'ai pu faire les plus belles rencontres de ma vie. Un repère. Mais je ne pouvais plus continuer a faire semblant , à sourire lorsque j'exerçais ma fonction d'hôte d'accueil, car je savais que nous avions tout autour de nous des vautours, en train de nous épier et près à nous tomber dessus au moindre faux-pas. J'ai une pensée pour mes anciens collègues licenciés, humiliés, perpétuellement « mis de côté », en attente de réponses sur leur situation..etc bref, tous ceux qui ont vu le mépris s'échouer sur eux et leur dignité souillée. Je termine ce témoignage en rendant hommage a ceux qui nous ont soutenus durant notre mobilisation , et qui nous ont jamais lâchés. Qui se sont fait porte parole de notre cause. Et enfin je tiens à remercier Anna, qui a su trouver la force et le courage pour dénoncer ce qui devait être dénoncé. Grâce à elle la vérité éclate, enfin, au grand jour.