J’ai travaillé à la Bibliothèque du Film de la Cinémathèque pendant plus de trois ans. Deux fois par semaine, les mercredi et vendredi après-midi, l’accueil de la Bibliothèque est pris en charge par des agents City One, avec à leur côté un(e) médiathécaire, employé(e) par la Cinémathèque. Naturellement, des liens se sont crées entre nous, des liens professionnels cordiaux et d’amitié, qui ont toujours été mal vus par les cadres de la Cinémathèque et de City One. Pendant leur formation, notamment à la Bibliothèque, il était demandé aux agents City One de vouvoyer les médiathécaires, de ne pas sympathiser, de manière à bien leur faire comprendre qu’ils n’étaient pas des employés comme les autres, qu’ils n’appartenaient pas à la famille de la Cinémathèque. Lorsque des offres de poste en interne étaient publiées, plusieurs agents City One ont naturellement candidaté car, pour nombre d’entre eux, c’était l’amour du cinéma et de la Cinémathèque qui les avaient amenés ici, mais aucun n’a même jamais été reçu pour un entretien. A la Bibliothèque, on a souvent préféré des candidatures extérieures (et je m’inclus dans le lot) plutôt que des agents City One, pourtant déjà formés. Clairement, la consigne était de ne jamais laisser « passer » un City One en interne pour bien marquer la rupture entre les employés de la Cinémathèque (l’élite) et ceux de City One (sous-employés). Honteux.